Acheter bio serait (beaucoup) moins cher payé... Qui sait que les rumeurs démolissant l'agrobiologie sont issues du syndicat des trusts industriels semenciers ? Qui sait qu'indépendamment de toute analyse des situations, et du long-terme même, l'agrobiologie correctement menée produit des aliments à meilleur marché que l'agriculture intensive ? Si les coûts externes de l'agriculture industrielle sont supportés par la collectivité toute entière, producteurs et consommateurs bio inclus, les avantages de l'agricuture biologique profitent à tous et sont pris en charge par les seuls producteurs et consommmateurs bio. Connaissons-nous réellement les conséquences sur l'environnement et la santé des pratiques de l'agriculture intensive ? Savons-nous que lorque nous achetons un produit de l'agriculture intensive, nous le payons plusieurs fois ? Une première fois à la caisse du magasin, et très majoritairement à celle de la grande distribution qui concentre près de 90 % des ventes alimentaires. Et contrairement aux affirmations de celle-ci, les consommateurs y paient très cher leurs produits par rapport au prix payés à l'agriculteur, lesquels ne représenteraient que 8 à 14 % du prix de vente en hypermarché. Elle a supprimé les intermédiaires, écrasé les prix agricoles mais s'est approprié les marges. Les consommateurs payent une seconde fois au fisc. Par leurs impôts qui servent à financer les subventions. Des sommes toujours plus considérables sont distribuées à un nombre de plus en plus limité d'agriculteurs. 80 % de ces aides profitent à 20 % d'entre eux. Alors que par des prix plus justes l'agriculture biologique favorise l'autonomie des producteurs. Ce produit issu de l'agriculture intensive, les consommateurs le payent une troisième fois, par les prélèvements sociaux obligatoires pour assister ceux qui sont exclus du monde agricole du fait de la politique menée. Car c'est à un véritable exode rural auquel nous assistons depuis dix ans. En Europe, 150 000 à 200 000 exploitations agricoles disparaissent, sacrifiées chaque année au nom de la compétitivité et d'une prétendue vocation exportatrice de l'agriculture européenne. Le productivisme fait disparaître chaque année 30 000 exploitations françaises. Alors que l'agriculture biologique préserve la vie rurale en créant de l'emploi. Enfin, ils payent une quatrième fois en finançant les coûts d'environnement et de santé induits par l'agriculture intensive dont il n'est pas aisé de mesurer les montants par manque d'études exhaustives. Mais on peut affirmer que les conséquences de l'utilisation des pesticides et des engrais azotés en terme de santé et de dépollution sont considérables. Les constats sont alarmants. Quelques exemples : on trouve des pesticides dans les deux tiers des eaux contrôlées en 2002. On estime que plus de cinq milions de français consomment une eau non conforme. Les conséquences financières de cette pollution sont multiples : traitement de l'eau potable et des marées vertes, consommation d'eau embouteillée, études visant à réduire la pollution, campagnes d'information, impact sur le tourisme balnéaire, mesures d'incitation pour les agriculteurs à moins polluer, etc. En 2004 en France, 53 % des fruits, légumes et céréales contiennent des résidus de pesticides. Ces chiffres sont en aggravation depuis l'année dernière où ils n'étaient "que" de 43 %. L'alimentation ne s'améliore donc pas, alors que les recherches confirment un peu plus chaque année le lien entre maladies graves et résidus de produits phyto-sanitaires dans les denrées et dans l'eau du robinet : diminution de la fertilité masculine, troubles neurologiques, recrudescence de malformations génitales infantiles (un tiers touchant les bébés d'agriculteurs), rôle dans la maladie de Parkinston, dans le déclenchement de l'asthme, du cancer, ... Les conséquences sur la biodiversité sont également multiples et avérées. Malgré cela, aucune étude n'a jamais été financée par les pouvoirs publics pour mesurer les coûts financiers des désastres engendrés par l'agriculture productiviste. Et pour cause : les lobbies agrochimiques veillent. La seule vraiment détaillée est, semble-t'il, une étude anglaise réalisée par un chercheur de l'université de l'Essex datant de la fin des années 90. Elle estimait que l'agriculture intensive coûtait chaque année à la Grande Bretagne plus de trois milliards et demi d'euros, en coûts de dépollution, de traitement des maladies causées par cette agriculture, soit pratiquement l'équivalent des revenus de ce secteur entier. Et son auteur qualifiait ce chiffre de très prudent. En conséquence, produire et acheter bio-éthique, ce n'est pas seulement changer de pratiques culturales et de mode d'alimentation, c'est résister au productivisme et à l'ultra-libéralisme, c'est retrouver l'autonomie et l'indépendance face aux grands groupes agro-alimentaires et chimiques et leurs partenaires de la grande distribution, c'est s'engager pour la qualité et la santé pour tous et partout, et non pas seulement pour quelques privilégiés, c'est favoriser des relations plus justes entre les peuples et les nations... |
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